Ferhat Khirat
En Bref
| Saison | Club | Nb matchs | Nb buts |
|---|---|---|---|
| 1983 - 1984 |
|
0 | 0 |
| 1984 - 1985 |
|
0 | 0 |
| 1985 - 1986 |
|
0 | 5 |
| 1986 - 1987 |
|
24 | 0 |
| 1987 - 1988 |
|
13 | ? |
| 1988 - 1989 |
|
? | 2 |
| 1989 - 1990 |
|
17 | 4 |
| 1990 - 1991 |
|
31 | 4 |
| 1991 - 1992 |
|
33 | 2 |
| 1992 - jan 1993 |
|
12 | 2 |
| jan 1993 - 1993 |
|
15 | 0 |
| 1993 - 1994 |
|
2 | 1 |
| 1994 - 1995 |
|
18 | ? |
| 1995 - 1996 |
|
? | 0 |
-
1983 -
1986 :
AJ Auxerre
-
1986 -
1987 :
CS Louhans Cuiseaux
-
1987 -
1988 :
Olympique Alès
-
1988 -
1990 :
FC Tours
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1990 -
1992 :
FC Libourne St Seurin
-
1992 -
jan 1993 :
SAS Epinal
-
jan 1993 -
1994 :
AS Cannes
-
1994 -
1996 :
Stade Briochin
- Double vainqueur de la Coupe Gambardella (Auxerre)
- Champion de France de CFA (Auxerre)
- Champion de France de CFA2 (Auxerre)
Sa vie, son oeuvre
Né le 4 septembre 1966 à Paris, Ferhat Khirat est repéré par les recruteurs auxerrois et fait toute sa formation de 82 à 86 à l'AJ Auxerre avec Basile Boli, Daniel Dutuel ou William Prunier. Avec Eric Cantona, Lionel Charbonnier, mais aussi Roger Boli, il devient donc champion de France des 16 ans, champion de France de CFA2 puis champion de France de CFA. Il s’adjuge également, et à deux reprises, la Coupe Gambardella. Rien que du classique à une époque où Auxerre présente les meilleures équipes de jeunes de France sous la houlette de l’excellent Daniel Rolland. « Il y avait aussi le gardien Eric Durand. Que des joueurs de caractère et de fortes personnalités, se souvient Ferhat Khirat. Sur les 21 jeunes du centre de formation, 19 sont devenus pros. C'est bien simple, on a tout gagné. »
Curieusement, alors que la mode est encore aux ailiers de poche et aux petits gabarits type Christophe Cocard ou Pascal Vahirua, Guy Roux ne le retiendra pas dans l'équipe première, et ne lui fait pas davantage signer de contrat pro. Premier accroc lourd de conséquences.
Le deuxième coup du sort survient en février 84. Alors qu’Auxerre se déplace à Saint-Etienne, Khirat, 17 ans et demi, est appelé pour remplacer, au pied levé, Gérard Lanthier, malade. Il est donc convoyé en voiture jusqu’à Geoffroy-Guichard. « Je me suis échauffé, mais finalement Lanthier a joué et je n'ai même pas figuré sur la feuille de match. Mais dans le bus du retour, les gars m'ont dit que ce serait bientôt mon tour. »
Mais de tour, le destin va en jouer un vilain à « Khikhi ». Dés le week-end suivant, le 12 février, il est titularisé en CFA. Or, la réserve auxerroise reçoit le renfort de nombreux pros, si bien que Khirat et Roger Boli viennent finalement renforcer le CFA2 face à Annecy. Et ce match qu'il n'aurait jamais dû jouer se transforme en tragédie. Grièvement blessé et la cheville en lambeaux, l'espoir de l'AJA est déclaré perdu pour le football. S’en suit une opération lourde et une rééducation qui durera 9 mois et demi avec des larmes, de la sueur et du courage. Auxerre financera le suivi et la prise en charge de la rééducation, une première pour l’époque, mais Guy Roux ne lui donnera jamais vraiment sa chance. Il est vrai qu’avec Roger Boli, Pascal Vahirua, et l'Alsacien Franco Vignola la concurrence est alors très forte. « Sans prétention aucune, c'est ce qui se faisait de mieux en championnat de France. On était de la même valeur, comme interchangeables. Il suffisait que Guy Roux pioche dans le pot...et il était sûr de gagner au Loto » note Khirat. Finalement, et après les départs de Boli à Lille et de Vahirua à Caen, c’est Bernard Diomède qui grandissait doucement en CFA, qui sortira du chapeau… Moralité, à cette époque là, Guy Roux le visionnaire avait toujours un coup d’avance !
Voilà donc Ferhat, contraint de gagner sa vie dans les clubs les plus médiocres de la France profonde, et ce, après avoir connu le haut du panier chez les jeunes. Pas évident. Ne supportant pas l’injustice, il présente déjà le profil « du grand agité de service » qui ne parvient jamais vraiment à se stabiliser partout où il passe car, pour lui, le ciel est toujours plus beau ailleurs. Il ne reste ainsi une saison à Cuiseaux-Louhans où il termine à la 10e place avec les incontournables Alain Zemb, Christian Felci et Olivier Blino.
Comme souvent pour ceux qui croient que tout est arrivé, ce sera en fait quasiment la meilleure de sa carrière. Cerise sur le gâteau, il parvient à marquer cinq buts en 24 matchs lors de son passage en terre Bressanne, ce qui sera son propre record de but en D2.
Nul doute que René Le Lamer, excellent pédagogue en Pays-de-Bresse, a participé à son éclosion, couvrant son jeune milieu de toutes les attentions. Mais ce n’est pas le perdreau de l’année, loin de là. L'année suivante, on le retrouve donc à Alès, toujours en D2, mais la cohabitation avec Léonce Lavagne, un autre formateur, estampillé Sudiste « éruptif » celui-là, est bien plus délicate. Il ne joue qu'une dizaine de matchs dans une équipe très moyenne.
Il lui faut donc partir, voir si le ciel bleu est encore plus bleu ailleurs. Troisième point de chute en 1988, avec un atterrissage non contrôlé chez les Bleus du FC Tours. Malheureusement, les belles années sont passées depuis belle lurette, les caisses sont vides, la gestion fleure bon l’amateurisme, et il faut donc se contenter du Groupe Centre de D3 où Khirat fera le maximum face à Bourges, Moulins, Nevers et autre Montluçon. Que du lourd.
Face à ces amateurs du dimanche, Tours qui a sorti la course à l'armement pour ne pas dire au méga-bazooka (arrivée de Philippe Pécout ex-Caen, de Philippe Piette ex-Nancy, Lalevée, Gabriel, Jean-Marc Adjovi-Boco) remonte à l'étage supérieur, et avec Jean Sérafin comme entraîneur s'offre une fin de saison cauchemardesque l'année suivante. Le club des bords de Loire échappe, de peu, à la relégation et termine 14e sur 18. Une saison que Ferhat a suivi depuis le banc de touche, éclipsé par la réussite du Congolais Raymond Lokuli et de l'Argentin Jorge Dominguez, qui eux, au moins, savent marquer des buts.
Nouvel exil donc, cette fois-ci à Saint-Seurin-sur-Isle où il va disputer deux saisons pleines avec Jean-Marc Furlan, Michel Padovani, Michel Furic et l'inusable Daniel Lubin, qui plante encore à 36 ans, ses 10 pions par saison. Il trouve en André Menaut, universitaire et théoricien du football, le coach parfait. Malheureusement, l'année suivante ne sera pas du même tonneau et malgré le renfort de Lilian Laslandes, Saint-Seurin sera relégué en D3 à l'été 92. Peu importe au fond, car le seul club qui compte en Gironde, c’est bel et bien Bordeaux.
Khirat qui n'a que 26 ans poursuit donc sa belle traversée des bas-fonds de la France du foot. Du groupe B, il passe au A pour rejoindre les rangs du promu Epinal qui descend aussi sec en D3 malgré le Libérien Joe Nagbe, Cyriaque Didaux ou Jimmy Algérino. Il ne verra pas cette fin de saison cauchemardesque car le 1er janvier 93, il est transféré, ô divine surprise, à Cannes, qui joue alors la montée en première division.
Avec Luis Fernandez promu entraîneur, Khirat retrouve du baume au coeur et l'envie de rejouer au foot comme dans la cour d'école. Redevenu pour 19 matchs un titulaire à part entière, il n'a pas de mal à s'intégrer dans un collectif "huppé" qui comprend notamment Franck Durix, le hollandais Addick Koot, Michael Madar ou l'ancien Nantais William Ayache. Après des barrages gagnés de haute lutte, Cannes monte dans l'élite. Mais la saison suivante est un calvaire pour l'ancien sociétaire de l'AJA qui se voit propulsé sur le banc de touche, victime d'une concurrence démentielle. Il ne jouera que deux pauvres matchs.
Nouveau départ et nouveau retour en D2 en 1994. Du sud roucoulant et hypocrite, galéjade à deux balles et grande tape dans le dos, on passe donc à la Bretagne profonde et à l’austère Saint-Brieuc. Par grand vent aussi, Khirat a du mal à cadrer ses frappes. 19 matchs et 55 mouettes « flinguées » plus tard, les Bretons sont relégués en D3 au grand désappointement de leur entraineur Jean-Yves Chay. L'année suivante, il participe activement à la remontée avec Michel Rio, Didier Monczuk, Yannick Le Saux et Ronan Salaün pour devenir champion de National 1. Il met un terme à sa carrière à 30 ans.
Pour définir ce parcours chaotique, Khirat aura la réflexion suivante dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace : « J’ai effectué une carrière honnête mais qui aurait pu être beaucoup plus intéressante. J’ai connu plusieurs blessures sérieuses et quelques conflits car j’avais horreur de l’injustice. Je pense, à travers ces expériences, savoir ce qu’est souffrir. Tout cela me permet de prendre du recul sur les choses et sur les situations de chacun… » On ne saurait être plus honnête dans la description de ce sinistre "chemin de croix…"
Comme le garçon a de la suite dans les idées, il envisage de rester dans le milieu du football. Il passe donc et obtient son DEF. Puis il entraîne les – de 17 ans à Châteauroux.
Il a surtout l’idée géniale de contacter Frédéric Sebag, président du groupe Informatique Open, pour qu’il devienne le président du Tours FC, un club qui survit alors en CFA, avec des dettes énormes, des dirigeants qui brillent par leur « amateurisme » et un avenir bouché.
Fehrat a immédiatement perçu le potentiel du club et Sebag, passionné de foot, a immédiatement accepté d’embrayer. Ce dernier rencontre la méfiance des hommes en place, avant de mettre 900 000 euros au pot. En juillet 2003, Frédéric Sebag à peine intronisé, le nomme directeur des services commerciaux et marketing du Tours FC. Ce n’est pas vraiment le poste idoine pour le franco-algérien qui rêvait de devenir directeur sportif et qui entre en conflit ouvert avec le coach Albert Falette.
Pire en novembre 2004, l’auxerrois sera licencié pour faute lourde. Le club lui reproche notamment de « ne pas partager sa stratégie concernant la professionnalisation et les choix d'organisation interne » et « de vouloir étendre son champ de compétence au domaine sportif ». Une décision qu’il contestera devant les prud’hommes pour obtenir gain de cause. Le Tours Football-Club qui l’a licencié, sans raisons réelles et sérieuses, est condamné à verser au plaignant la somme de 7.520 € à titre de dommages et intérêts ainsi que 393 € correspondant à la période de ses congés payés. Au regard de la fortune de Sebag qui est immense, c’est bien entendu peanut.
Par contre, les prud'hommes exigent de Khirat le versement d'une somme de 1.500 € à déduire des dommages-intérêts obtenus par l'ancien footballeur.
Sonné, et estimant, à juste titre, « avoir été trahi », il aura néanmoins assez de culot et de courage, pour rebondir à Strasbourg après avoir contacté Philippe Ginestet, un investisseur immobilier Strasbourgeois, big boss d’Euroinvest, futur président du Racing. C’est ainsi qu’il deviendra au printemps 2006 coordinateur sportif du Racing en remplacement du directeur sportif Marc Keller mais avec des responsabilités moindres. En quelques mois, il se fera quelques inimitiés dans la cellule de recrutement, mais son action la plus éclatante reste d’avoir plus ou moins poussé vers la sortie Papin, qui avait fait remonter Strasbourg en Ligue 1 pour le remplacer par Jean-Marc Furlan qu’il avait côtoyé à Saint-Seurin.
Jean-Pierre Papin lui en gardera une solide rancune : « A Strasbourg, j'ai découvert un club formidable, des supporters "extra". Je n'ai pas envie de lui porter préjudice. Personne ne m'a manqué de respect. Personne, sauf une personne qui est la cause de tout ce remue-ménage. Je ne lui pardonnerai jamais. »
Cette personne, c'est le coordinateur sportif du club, Fehrat Khirat: « Depuis le stage d'avant-saison à Megève, il nuit à la bonne marche du groupe. C'est quelqu'un qui n'a aucune légitimité dans ce milieu, qui cherche par tous les moyens à exister et qui veut faire comme un grand. Au final, c'est un grand bouffon. L'humiliation, c'est moi qui la porte à travers tous ces événements. […] Il a sans cesse cherché à décrédibiliser mon travail, en dressant les joueurs les uns contre les autres. Mon adjoint, Séb (Migné), a aussi été mis plus bas que terre. Partout où il est passé, il a semé la zizanie. Il a mis les bâtons dans les roues à tout le monde. Je n'oublierai pas qu'il a contacté Jean-Marc Furlan dès le mois de décembre...»
Avec Furlan, Strasbourg redescendra en D2. Ginestet en tirera les conséquences en se séparant à l’amiable de Khirat en 2009. Depuis ce dernier a pris son chèque, puis a disparu de la circulation pour retourner sans doute dans ses douces pénates tourangelles…




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