Georges Bereta

Attaquant puissant, à la frappe lourde malgré un physique de teckel, Georges Bereta est une figure emblématique des verts, d’autant plus emblématique qu’il sera un des précurseurs du départ pour l’OM au mercato en janvier 1975, qui déclenchera l’affaire Bereta, accusé de haute trahison par les supporters stéphanois.
Georges Bereta

En Bref

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15 mai 1946
Attaquant
Voir les stats détaillées de son parcours
Saison Club Nb matchs Nb buts
1966 - 1967 AS Saint Etienne 20 5
1967 - 1968 AS Saint Etienne 36 7
1968 - 1969 AS Saint Etienne 33 9
1969 - 1970 AS Saint Etienne 32 8
1970 - 1971 AS Saint Etienne 34 6
1971 - 1972 AS Saint Etienne 34 6
1972 - 1973 AS Saint Etienne 37 6
1973 - 1974 AS Saint Etienne 36 2
1974 - dec 1974 AS Saint Etienne 19 3
jan 1975 - 1975 Olympique de Marseille 16 à
1975 - 1976 Olympique de Marseille 29 2
1976 - 1977 Olympique de Marseille 29 0
1977 - 1978 Olympique de Marseille 2 0
Stats issues de Footballdatabase.eu
  • 1967 : Champion de France (ASSE)
  • 1968 : Doublé Coupe-Championnat (ASSE)
  • 1969 : Champion de France (ASSE)
  • 1970 : Doublé Coupe-Championnat (ASSE)
  • 1974 : Doublé Coupe-Championnat (ASSE)
  • 1976 : Vainqueur de la Coupe de France (OM)
  • 44 sélections en équipe nationale

Sa vie, son oeuvre

Sa carrière en club

Georges Bereta est un pur stéphanois. Né à St Etienne, Pierre Garonnaire n’a pas eu à se déplacer bien loin pour le dénicher. Licencié à l’ASSE depuis l’âge de 11 ans, il a remporté la Grambardella avant de faire ses débuts avec les pros en 1966, à 20 ans, comme ailier gauche contre Lille. « Ma famille et mes amis étaient dans le stade. Et, au cours du match, le public a scandé mon nom ! Il est vrai que j'étais l'enfant du pays, mais je pense que mon style combatif et ma prestation physique ont également plu aux spectateurs. Nous avons gagné 3-1 et je suis devenu titulaire au cours de cette saison. » Il trouve rapidement sa place dans l’équipe et devient même absolument indispensable. Son physique de poche (1,67m pour 64kg), assez râblé lui permet d’allier puissance et précision, avec un pied gauche comme on en a rarement vu. Bon c’est sûr à l’époque ca allait moins vite mais quand même. Il va profiter l’âge d’or des verts pour se constituer un des plus beaux palmarès du foot français. Champion de France dès sa première saison, il fait le doublé Coupe championnat l’année suivante, puis est de nouveau champion en 1970. A chaque fois, c’est 30 matchs et 10 buts par saison, le genre de stats impressionnantes de régularité. Le débuts des années 70 est plus compliqué puisque l’OM et Nantes privent les verts de tout titre, le temps en fait de renouveler les génération, en gardant les tauliers comme Jean-Michel Larqué ou Aimé Jacquet et lui bien sûr. De cette époque, il garde le souvenir d’une expression assez symbolique du climat de l’époque : «Il fut un temps où, lorsque les Verts jouaient mal, on entendait le public du stade Geoffroy-Guichard rugir « A la mine ! ». Une expression qui permettait aux joueurs de prendre conscience de la chance qu'ils avaient de fouler cette pelouse plutôt que de travailler au fond des puits. » Place aux frères Patrick et Hervé, Christian Lopez, Dominique Rocheteau, etc… La légende verte. Bereta remporte son 3ème doublé Coupe-Championnat en 1974.

Monstre sacré en club, Bereta l’est aussi en sélection, qu’il fréquente assidûment depuis 1966. Pas de chance pour lui, parmi ses 44 matchs disputés en bleu en 9 ans, aucun Euro, aucune Coupe du Monde. C’est l’époque noire de l’équipe de France, qui frise parfois le ridicule. Championne du monde des matchs amicaux, dès qu’il y a de l’enjeu il n’y a plus personne.

Lors de la saison 74-75 il est de l’exploit européen des verts face à Split (défait 3-0 à l’aller, victoire 561 au retour), où il marque un pénalty décisif, en force plein centre de la cage. … puis au mois de janvier tout bascule : c’est l’affaire Bereta. « Le transfert, je ne l’ai pas vu venir. On avait battu Split. Je savais qu’il y avait des propositions de Benfica, Moenchengladbach et surtout le Standard Liège. Mais Rocher a tout refusé ». En effet, au mois de janvier, Bereta rejoint à la surprise générale l’OM, le grand rival des verts. « Je suis devenu le premier joueur français transféré au mercato ». Entre Rocher et lui, c’est fini. « Je ne lui ai plus jamais reparlé ni serré la main. Je suis d’origine polonaise et les Polonais sont revanchards » On raconte qu’il fut au cœur d’un deal entre la ville de Marseille et Rocher, qui dans le civil dirigeait une entreprise de travaux publics, en lice pour le chantier du Metro de Marseille… A l’OM, changement de décor, changement d’ambiance, et Georges hallucine un peu : « À Saint-Étienne, on était toujours à l’heure. À l’OM, si le rendez-vous était à 9h, tout le monde venait quinze voire trente minutes plus tard. Cela manquait de sérieux dans l’approche de l’entraînement. Quand on avait l’habitude de vivre à l’ASSE, c’était frustrant. Et puis après, on fait comme les autres. Pour le match contre Saint-Étienne, on devait avoir rendez-vous à 14h au Vélodrome. Paulo Cesar n’était pas là évidemment. On l’a pris sur la route à la plage de la Croisette » En effet, peu de temps après son transfert, les Verts reçoivent l’OM pourun choc au sommet « C’était évidemment particulier. J’étais normalement suspendu mais j’avais fait appel. Je n’aurais peut-être pas dû. J’ai pensé à beaucoup de choses la nuit précédente. La concentration d’avant-match m’a également bien bouffé. Et puis, j’ai été sifflé du début à la fin. Je ne l’oublierai jamais. Même aujourd’hui, je reste blessé. D’ailleurs maintenant quand on en parle, je cherche, je demande, mais je ne retrouve personne qui m’a sifflé. Il y avait pourtant 35.000 spectateurs… » Après un bon début de match et une ouverture du score de Victor Zvunka dès la 18ème, l’OM sombre, perd 4-1, et le titre avec. A l’OM, c’est Jairzinho - trois Coupes du monde, plus de cent sélections nationales qui l’a le plus impressionné « Sérieux, professionnel, il était impressionnant même s’il était en fin de carrière.Paulo Cesar était plus olé-olé, pas assez constant ». Il se rattrapera la saison suivante ne remportant la Coupe de France au dépend de l’OL. Les brésiliens sont partis et la star de l’équipe c’est Hector Yazalde. Il fera encore une bonne saison à l’OM avant de terminer tranquillement lors de la saison 77-78. 2 petits matchs en guise de jubilé pour cet ailier puissant et précis, un grand joueur…

Que devient-il ?

Après sa carrière, Bereta fait une pige à Roanne, qui en contrepartie organise son jubilé. « De cette journée, il me reste beaucoup d'émotion, car beaucoup d'anciens joueurs avaient répondu présents, comme Aimé Jacquet, Patrick Parizon, Patrick Revelli, Dominique Bathenay et surtout Salif Keita qui m'a fait l'honneur de venir du Portugal. L'équipe de Marseille s'était déplacée au complet avec Marius Trésor, Victor Zvunka, Albert Emon ou encore Josip Skoblar. A l'époque comme j'étais fâché avec le président Roger Rocher, il n'était pas tout à fait d'accord pour que les joueurs stéphanois viennent à mon jubilé. Mais je tenais à ce qu'il y ait des Stéphanois car j'avais fait presque toute ma carrière à l'ASSE et avec mes potes, j'avais gardé de bons souvenirs à tel point qu'en 1984, j'ai créé l'amicale des anciens Verts qui est toujours en activité aujourd'hui. Ce jour-là, on avait perdu 6-2 et je me rappelle que j'avais marqué sur pénalty. Après le match, la troisième mi-temps était organisée chez Troisgros et j'étais très fier de recevoir tous les participants et faire une belle fête pour marquer ma fin de carrière. Je tournais une page de ma vie, mais je la tournais d'autant plus facilement que j'assurais ma reconversion sportive en rentrant chez Adidas où j'y suis resté 20 ans en tant que commercial. On avait une convivialité très profonde entre les générations. Il y avait une grande communion dans le football qui a tendance à disparaître comme dans la vie de tous les jours. Ça reste vraiment un très bon souvenir. »

Aujourd’hui Georges Bereta vit toujours sur St Etienne, à l’Etrat, près du centre d’entrainement. Il est consultant de luxe sur Onzeo, la chaine du club, partagée avec le RC Lens.

En 2008, pour les Municipales, il fut le fondateur du Comité de Soutien de Michel Thiollière, candidat divers droite.

Photos

Georges Bereta, jeune ailier au pied gauche dévastataeur
Georges Bereta, jeune ailier au pied gauche dévastataeur
Georges Bereta, grand espoir de St Etienne
Georges Bereta, grand espoir de St Etienne
Georges Bereta, soulève la Coupe de France en 1974 avec les verts
Georges Bereta, soulève la Coupe de France en 1974 avec les verts
Georges Bereta à St Etienne
Georges Bereta à St Etienne
Georges Bereta à St Etienne but sur Charrier en 1974, avant que n'éclate l'affai
Georges Bereta à St Etienne but sur Charrier en 1974, avant que n'éclate l'affai
Georges Bereta et Hervé Revelli se chamaillent
Georges Bereta et Hervé Revelli se chamaillent
Georges Bereta, Georges Carnus et Georges Lech
Georges Bereta, Georges Carnus et Georges Lech
Georges Bereta en équipe de France
Georges Bereta en équipe de France
Georges Bereta en équipe de France
Georges Bereta en équipe de France
Georges Bereta en bord de mer
Georges Bereta en bord de mer
Georges Bereta dans l'intimité
Georges Bereta dans l'intimité
Georges Bereta mange du maïs
Georges Bereta mange du maïs
Georges Bereta à l'OM
Georges Bereta à l'OM
Georges Bereta en 2008
Georges Bereta en 2008
Georges Bereta avec sa femme
Georges Bereta avec sa femme
Georges Bereta, jeune ailier au pied gauche dévastataeur
Georges Bereta, grand espoir de St Etienne
Georges Bereta, soulève la Coupe de France en 1974 avec les verts
Georges Bereta à St Etienne
Georges Bereta à St Etienne but sur Charrier en 1974, avant que n'éclate l'affai
Georges Bereta et Hervé Revelli se chamaillent
Georges Bereta, Georges Carnus et Georges Lech
Georges Bereta en équipe de France
Georges Bereta en équipe de France
Georges Bereta en bord de mer
Georges Bereta dans l'intimité
Georges Bereta mange du maïs
Georges Bereta à l'OM
Georges Bereta en 2008
Georges Bereta avec sa femme

Dossiers

Dans la série des transferts scabreux qui ont fait gloser la France, celui de Georges Bereta de Saint-Etienne vers.. l’OM en 1975 est en bonne place. Derrière le poncif du judas qui file chez l’ennemi, en pleine saison qui plus est, la réalité est quelque peu différente. Taxer Bereta de traitre c’est aller un peu vite en besogne, surtout quand on sait comment s’est passé l’affaire.