Gérard Janvion

Pendant 11 ans, Gérard Janvion sera un des symboles de l’ASSE triomphante avant de succomber aux sirènes de la capitale. Défenseur intraitable, doté d’une formidable pointe de vitesse, il sera un des plus grands arrières-droit français.
Gérard Janvion

En Bref

Le cerbère
21 août 1953
Défenseur
Voir les stats détaillées de son parcours
Saison Club Nb matchs Nb buts
1972 - 1973 AS Saint Etienne 8 2
1973 - 1974 AS Saint Etienne 9 1
1974 - 1975 AS Saint Etienne 22 1
1975 - 1976 AS Saint Etienne 32 1
1976 - 1977 AS Saint Etienne 35 0
1977 - 1978 AS Saint Etienne 27 0
1978 - 1979 AS Saint Etienne 37 1
1979 - 1980 AS Saint Etienne 34 0
1980 - 1981 AS Saint Etienne 37 0
1981 - 1982 AS Saint Etienne 34 1
1982 - 1983 AS Saint Etienne 24 0
1983 - 1984 Paris Saint Germain 23 0
1984 - 1985 Paris Saint Germain 19 1
1985 - 1986 AS Béziers 28 0
1986 - 1987 AS Béziers 11 0
Stats issues de Footballdatabase.eu
  • Finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs Champions 1976 avec St-Étienne.
  • Champion de France 1974, 1975, 1976 et 1981 avec St-Étienne.
  • Vainqueur de la Coupe de France 1974, 1975 et 1977 avec St-Étienne.
  • Finaliste de la Coupe de France 1981 et 1982 avec St-Étienne.
  • Demi-finaliste Coupe du Monde (82)
  • 40 sélections en équipe nationale

Sa vie, son oeuvre

Sa carrière en club

Natif de Fort de France, en Martinique, Gérard Janvion débarque dans le Forez à 19 ans. Avec une formation d’ailier, en raison de sa pointe de vitesse, il peine à s’imposer dans l’effectif stéphanois étant donné la concurrence. Cela ne l’empêche pas d’engranger les titres de champions. A partir de 1975, Robert Herbin le replace arrière-droit où Gégé et sa touffe Valderramesque prend la place de Pierre Repellini et Alain Merchadier, les deux spécialistes du poste. Aussi à l’aise en phase défensive que sur les contres et les débordements, il est un des artisans du parcours européen de 1976 qui se terminera, comme on sait, sur les poteaux carrés de Glasgow. Ses performances lui ouvrent tout naturellement les portes de l’équipe de France dès 1975. Il ne quittera plus les bleus, participant à 2 coupes du Monde, en Argentine puis en Espagne.

Alors que les historiques quittent le club à partir de 1977, Gérard fait le choix de la stabilité. Sa grande polyvalence et son expérience lui assure une place de titulaire quelque soit le poste, comme lors de la finale de la coupe de France 77 contre Reims où il joue milieu défensif. A partir de 1980, avec l’arrivée de Patrick Battiston, il perd sa place côté droit. Très polyvalent il devient arrière gauche et occupe même par moment une place de stoppeur. Ainsi, lors de la coupe du Monde 82, c’est à ce poste qu’il est associé à Marius Trésor dans l’axe de la défense tricolore. Comme tout le monde, le drame de Séville lui reste en travers de la gorge : « En 1978, la France était absente du Mondial depuis douze ans. Nous avons été éliminés au premier tour. Nous y avons participé, mais nous avons oublié d'y jouer, tout simplement. J'en garde quand même un bon souvenir. En 1982, nous avons remis les pendules à l'heure. Nous aurions même dû gagner le tournoi. Quand on voit notre ligne d’arrières, notre milieu de terrain, l’attaque ! On était les meilleurs. On savait qu’on pouvait la gagner cette Coupe du monde. Sincèrement l’Italie en finale, on la battait. On était si près…».

Finalement, lui aussi, comme Rocheteau ou Larqué rejoindra le PSG. Il débarque donc dans la capitale en 1983. Il ne s’imposera jamais vraiment dans le 11 titulaire du PSG, mais participera à une vingtaine de match par saison. A 32 ans, Gégé n’a plus ses jambes de 20 ans et ca s’en ressent sur le terrain. Lucide il explique son échec assez simplement : « Au Paris SG, cela n'a pas trop bien marché pour moi. Le fonctionnement de l'équipe ne m'a pas permis de m'imposer. Par ailleurs, je n'ai pas eu de propositions d'autres clubs de D1. Enfin, je ne pensais pas avoir les moyens physiques et techniques suffisants pour continuer à ce niveau ». Il va terminer sa carrière tranquillement à Bézier en 1986…

Que devient-il ?

Immédiatement il songe à une reconversion en tant qu’entraineur mais là c’est al désillusion. Saint-Etienne lui ferme ses portes et il en garde une rancœur tenace : « J'ai beaucoup donné pour l'équipe. J'y suis resté onze ans. Saint-Etienne, c'est ma vie. J'ai pensé qu'en retour on m'aurait proposé quelque chose. Là-bas, il y a beaucoup de gens qui n'ont pas joué au foot. Pourtant, ils ne sont pas meilleurs techniciens que moi. Mon erreur a peut-être été de me focaliser uniquement sur l'ASSE. Du coup, je n'ai pas démarché d'autres équipes. Quand on regarde les clubs pros et le nombre d'anciens internationaux qui figurent dans l'effectif de chacun d'entre eux, on se rend compte qu'il n'y a pas grand monde surtout à Saint-Etienne. C'est le plus décevant dans l'histoire. Mais je le répète : on n'a pas voulu de moi là-bas. Ceux qui occupent les fonctions de techniciens ont peut-être peur des anciens comme moi. » Très critique sur sa gestion de carrière Janvion en mâche pas ses mots : « Aujourd’hui, l’amour du maillot, c’est fini. Moi j’ai fait toute ma carrière dans le même club. C’est une erreur. Quand je vois ce que les joueurs gagnent aujourd’hui… La seule chose que j’ai faite, c’est de ne pas gagner de blé. Je me souviens de mon premier salaire à Saint-Étienne en tant que stagiaire : 900 francs par mois. Dans mes plus belles années, quand j’étais professionnel, j’ai ensuite plafonné à 30 000 francs plus quelques primes. J’aurai dû plus penser à moi. Une fois, j’ai été approché par un club allemand, mais Rocher (président de l’ASSE- NDLR) m’a dit : " On va te remplacer par qui ? " J’étais aux ordres, j’étais trop gentil. En 1975, j’ai reçu un télégramme de Pelé qui venait d’arriver au Cosmos de New York et qui organisait un match entre son club et le reste du monde. Robert Herbin m’a dit : "Non, c’est trop loin." Comme un idiot, j’ai accepté. Je le regrette aujourd’hui. »

Commence alors une longue période d’errance. Il rechaussera les crampons en amateur à vals les bains, puis L’Etrat. Il part à La Réunion entrainer Sainte Suzanne, où il passe 4 ans. Son retour en métropole ne se passe pas comme prévu et on raconte même qu’il erre comme une âme en peine à travers l’hexagone, ce qui l’a sans doute poussé à s’arrêter à Château-Thierry dans l’Aisne.

Il décide donc de rentrer en Martinique où son aura lui ouvre quelques portes. Il prend donc la direction de l'Assaut de Saint-Pierre jusqu’en 2001 tout en étant chargé de recrutement par l’ASSE « Quand Gérard Soler était au club, j'ai été chargé de recruter au niveau des Antilles pour Saint-Etienne. Mais, c'était uniquement prévu sur une durée de quatre mois. Que voulez-vous faire sur une période aussi courte ? Il me fallait un contrat plus long pour avoir le temps de travailler. De toute façon, Soler a quitté le club. ».

En 2001, il devient responsable du Pôle espoir, une école de foot, puis entraineur adjoint de l’Equipe de Martinique à partir de 2002. Après 3 ans, il devient entraineur du CS Case Pilote où il restera 3 saisons.

Aujourd’hui, Gérard Janvion a définitivement tourné le dos au monde du football…

Photos

Gérard Janvion en équipe de France (Coupe du monde 1982)
Gérard Janvion en équipe de France (Coupe du monde 1982)
Gérard Janvion  à St Etienne (1974)
Gérard Janvion à St Etienne (1974)
Gérard Janvion  à St Etienne
Gérard Janvion à St Etienne
Gérard Janvion remporte la coupe de France, avec Rocheteau et Bathenay
Gérard Janvion remporte la coupe de France, avec Rocheteau et Bathenay
Gérard Janvion  à St Etienne contre Kiev (1975)
Gérard Janvion à St Etienne contre Kiev (1975)
Gérard Janvion  au PSG contre la Juventus
Gérard Janvion au PSG contre la Juventus
Gérard Janvion en équipe de France (Coupe du monde 1982)
Gérard Janvion  à St Etienne (1974)
Gérard Janvion  à St Etienne
Gérard Janvion remporte la coupe de France, avec Rocheteau et Bathenay
Gérard Janvion  à St Etienne contre Kiev (1975)
Gérard Janvion  au PSG contre la Juventus

Dossiers

La 11ème édition de la Coupe du Monde retrouve le continent sud américain et plus précisément, l'Argentine. La FIFA ne fait pas de politique et pas de problème pour visiter une des dictatures les plus sanglantes. Pas mal de joueurs vont se poser beaucoup de questions avant de faire le voyage et le plus grand d'entre eux, Johan Cruyff, maitre à jouer des Pays-Bas, boycottera l'épreuve. En France, Rocheteau et quelques autres hésiteront longtemps, tout comme l'Argentin de St Étienne Piazza qui ne fera pas le voyage, même si la réalité est plus prosaïque. La encore, cette coupe du monde sera marquée par des arrangements entre ami un peu particuliers.

C'est dans une Espagne post-franquiste que se déroule la 12ème édition de la Coupe du Monde. Du fait de l'achèvement de la décolonisation et de la multiplication des pays, 24 équipes sont désormais invités, au lieu de 16 précédemment. Ces 8 nouvelles places bénéficient surtout aux autres continents que l'Europe. Problème : avec 24 équipes, difficile de faire une seconde phase à élimination directe, du coup, le 2ème tour est organisé en 4 poules de 3 équipes. Système un peu merdique s'il en est, mais cela permet de dégager 4 équipes pour les demis.

Au mois d’avril 1982, alors que les verts, champion en titre luttent encore avec Monaco et Nantes pour le sacre et son toujours en course pour la Coupe de France, éclate l’affaire de la Caisse Noire, qui servait à alimenter les transferts et enrichir au passage le Président Rocher. Le club mettra 15 ans à s’en remettre.

Commentaires

Posté le ven, 22/01/2010 - 00:29

Bonjour
J'aimerais entré en contact avec Gérard Janvion pour savoir si il pourrait organiser un match amical de vétérans ... car début avril 2010, nous passerons, mes 11 amis et moi, 14 jours sur la belle Martinique ...
Nous avons entre 35 et 52 ans et un niveau de promotion de ligue (avec les jambes en moins...) C'est surtout la 3eme mi-temps qui nous motive encore !
Merci de lui transmettre ce message et mon adresse mel ...
A bientôt
Serge des "Vétérans Foot Nancray"
auto-detente@wanadoo.fr

Posté le sam, 17/04/2010 - 23:54
Anonyme

bonjour ici gérard janvion

félicitation pour votre victoire 7-6

Posté le dim, 15/08/2010 - 17:43

Bonjour,
Je ne sais pas si vous etes vraient Gérrad Janvion mais je tiens à vous féliciter pour l'ensemble de votre carriere et de votre vie faite de simplicité, j'ai pu le vrifier en vous saluant à Geoffroy Guichard
Amicalement
Jean Luc