Grégory Carmona
En Bref
| Saison | Club | Nb matchs | Nb buts |
|---|---|---|---|
| 1998 - 1999 |
|
0 | 0 |
| 1999 - 2000 |
|
3 | 0 |
| 2000 - 2001 |
|
7 | ? |
| 2001 - 2002 |
|
? | 3 |
| 2002 - 2003 |
|
19 | 6 |
| 2003 - 2004 |
|
35 | 3 |
| 2004 - 2005 |
|
32 | 2 |
| 2005 - 2006 |
|
27 | 1 |
| 2006 - 2007 |
|
29 | 2 |
| 2007 - 2008 |
|
23 | 0 |
| 2008 - dec 2008 |
|
0 | ? |
| jan 2009 - 2009 |
|
? | ? |
| 2009 - 2020 |
|
? | 0 |
-
1998 -
2001 :
Montpellier HSC
-
2001 -
2004 :
AS Valence
-
2004 -
2005 :
FC Gueugnon
-
2005 -
2006 :
FC Sète
-
2006 -
2007 :
FC Tours
-
2007 -
2008 :
US Boulogne sur mer
-
2008 -
dec 2008 :
Sans club
-
jan 2009 -
2020 :
AS Béziers
- Aucun
Sa vie, son oeuvre
Pour rien au monde, Grégory Carmona, lointain clone de l'Agathois Claude Quéry, n'aurait dû quitter Montpellier et ce sud langoureux qui lui tendait affectueusement et fermement les bras. Comme lui, il ne savait pas marquer des buts ce qui limita de facto, ses espoirs de faire carrière. Son père fut un bon joueur de club dans les années 70, mais il ne fit pas davantage carrière. Il ne disputa que deux matchs sous les couleurs montpelliéraines lors de la saison 77-78. Le fiston tapait bien dans la balle lui aussi, mais son physique trop faible, bien trop frêle, allait le desservir considérablement dans ce champs de joutes physiques qu'était devenue entre-temps la Ligue 1. Cette histoire qui commença sous les meilleurs hospices, s'est achevée également dans la confusion, la douleur et les regrets. Question de lignée ou de poisse. Lorsqu'elle vous colle aux basques, la malchance ne s'arrête jamais. C'est là, le destin des poissards, des équivoques, des fragiles, des mal-nés, des forts en gueule qui ne confirment pas toutes les espérances que l'on avait placé un moment sur eux. Pour Greg, le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? Au regard de ce qui va suivre, ce n'est même pas certain.
Né le 17 Janvier 1979 à Montpellier, Grégory Carmona entame son parcours au Montpellier HSC. Milieu offensif de poche aussi technique que rapide, il entend faire beaucoup mieux que papa. Ce n'est pas bien difficile, et dès 99, il est couronné vice-champion de France des réserves. La suite est moins drôle. Carmona débute également en D1, le 25 Mars 2000, lors d'un certain Montpellier-Auxerre, un des rares matchs gagné cette saison là par les héraultais. L'ennui, c'est qu'il a mal choisi son moment. Avec plus de 30 joueurs pros sous contrat, Montpellier est déchiré par les clans et la mauvaise ambiance s'en ressent. Sur le terrain, les résultats ne suivent pas, et le fond de jeu est nul, malgré les Manuel Dos Santos,Nicolas Ouédec, Toifilou Maoulida, Reynald Pedros, Cédric Barbosa et autre Franck Silvestre, une ribambelle de joueurs en fin de cycle qui ne pensent qu'à prendre le chèque en fin de mois. A la fin de la saison 99-2000, Montpellier est relégué en D2 avec 31 petits points. C'est le début de la grande lessive dans la maison Nicollin. Carmona n'y échappe pas. Dés la fin de la saison suivante, on lui indique aussitôt la porte de sortie alors qu'il n'a disputé que 7 rencontres face à la concurrence d’Olivier Sorlin et de Jorge Carlos Rui Pataca. 10 petits matchs au total, entre L1 et L2, et puis s'en va. Il faut donc rebondir et vite, avant d'être définitivement oublié par le foot-bizness, ce train qui ne s'arrête pas, et qui ne prend pas les retardataires. Lorsque l'on est jeune et plein de gnac, c'est plus facile.
Laissé libre par ses dirigeants, Carmona se trouve donc une porte de sortie en National, à Valence qui ambitionne alors la montée en L2. Dans ce championnat bâtard, où les anciens pros côtoient les amateurs, Greg qui a du punch et une technique très au dessus de la moyenne ne tarde pas à trouver sa place. Il contribue grandement à la 3e place du club, synonyme de remontée en Ligue 2, en jouant 37 matchs et finissant meilleur buteur avec 10 buts. L'année suivante, Valence se maintient en L2, l'ennui c'est que Carmona ne dispute que 19 matchs. Barré par les arrivées, il a perdu sa place de titulaire. En 2004, Carmona est de nouveau titulaire à part entière, mieux, il fait une saison pleine, mais comme par hasard, Valence redescend en National.
Fort de son excellente saison, il signe donc à Gueugnon où il ne reste qu'une année avec à la clef, une 11ème place peu ragoûtante. Il enchaîne les années suivantes les clubs, rejoignant d'abord le FC Sète 34, qui vient de retrouver le football professionnel. Les débuts sont remarqués. Dans un stade plein à craquer, lors de la première journée, Carmona et ses camarades écartent Montpellier. Mais les résultats ne suivent pas, l'emblématique Claude Calabuig est donc remplacé par Ludovic Batelli, qui sera lui même remplacé en fin de saison par Robert Buigues. Le résultat, c'est qu'avec Carmona, Sète est rétrogradé en national. Il faut donc repartir, et se tailler fissa, cette fois un peu plus haut, tout près de la Loire, où le grand fleuve offre des destins aux enfants contrariés. A Tours, Carmona se trouve une oreille attentive en la personne d'Albert Falette, un coach qui ne raisonne paradoxalement que par la condition physique et les gros gabarits. Falette adepte d'un football rébarbatif, n'a aucune expérience du très haut-niveau, et la saison sera cauchemardesque suite à un recrutement minable (arrivées de Jacob Ba, Sékou Baradji, Mehdi Banatia, Bertin Tokéné) et malgré la présence rassurante d'un Tony Vairelles, pas encore tout à fait cramé. Moins bonne équipe à domicile, moins bonne équipe à l'extérieur, Tours relégable après 13 journées, termine bon dernier, et se retrouve relégué en National. Carmona qui avait plutôt une bonne mentalité, a peu joué, du fait qu'il n'entrait pas dans les caractéristiques de son entraîneur. A quoi bon alors l'avoir recruté ? A la fin de la saison, Falette est écarté en douceur, tandis qu'un nouveau directeur sportif Max Marty arrive, accompagné d'un nouveau coach.
Il faut donc repartir et opter cette fois, pour le grand nord. Ce sera Boulogne-sur-Mer, sympathique port de pêche, dans un autre club qui vient de retrouver la ligue 2, après 28 ans dans le coma ! Les ennuis commencent. Le 26 juin 2007, la DNCG, organe de contrôle de la Ligue de football professionnel (LFP), interdit au club boulonnais son engagement en Ligue 2 et le recrutement de footballeurs professionnels. Après bien des problèmes juridiques liés à des problèmes financiers, le contrat de Carmona est homologué le 4 Juillet par la DNCG. La saison débute enfin. Elle sera éprouvante d'un bout à l'autre, pour des Boulonnais qui doivent cravacher pour obtenir le maintien. L'équipe n'est pas si mauvaise que cela. C'est presque la même qui obtiendra son ticket pour la ligue 1 une saison plus tard, avec Thil, Ramraré, Marcq, Perinelle et Lachor. A la Libération, Carmona a la joie de marquer contre son ancien club de Montpellier, en Août 2007. Carmona va t-il connaître sa 4ème relégation ? Non, car lors du dernier match de la saison, Boulogne ouvre le score dans les arrêts de jeu face à Niort. Le défenseur Damien Perinelle marque à l'ultime seconde, évitant ainsi à Greg de devenir le poissard intégral de la L2. Sur les forums, son statut de "chat noir" est évoqué avec férocité. Ironie de l'histoire, sans Carmona, Boulogne connaîtra une saison de rêve en 2009, marquée par la montée en Ligue 1 et les 18 buts de Thil.
Non conservé par Boulogne en fin de saison 2008, il revient dans sa région d'origine, en janvier 2009, en signant à l'AS Béziers en Division d'Honneur. Et comme par enchantement, tout redevient rose. Il remporte avec ce club le championnat du Languedoc-Roussillon et l'aventure se poursuit en CFA2 avec les arrivées de Dominique Aulanier, Thomas Lecossais et Loïc Chavériat, tous anciens joueurs de Ligue 2. Ce groupe permet au club biterrois de monter en CFA en fin de saison 2010. Grégory Carmona participe grandement à la première place de l'AS Béziers en groupe F du CFA2, il marque le but décisif de la montée contre Tarbes lors de la 28e journée. Il met fin à sa carrière en fin de saison. Il aura totalisé plus de 180 matchs dont 170 en L2. Un total qui n'a rien de ridicule, même si son temps de jeu s'est totalement effondré sur la fin.
Il voulait d'abord créer sa propre entreprise de peinture mais il semble qu'il se soit installé dans le Rhône, dans un coin tranquille. Il entraîne l'équipe de football en salle de Chassieu, dans les championnats interdépartementaux. Le foot en salle, personne n'en parle ou presque. Alors c'est bien connu, pour vivre heureux, vivons cachés !





Commentaires
Merci à Christophe Belhomme pour sa contribution