Jean-François Domergue

Jean-François Domergue reste dans les mémoires françaises comme le héros de la demi-finale de l’Euro 84, à Marseille, avec son doublé contre les portugais. Passé par Bordeaux, Lille, Lyon, Toulouse, Marseille et Caen, il a sillonné la France de long en large.
Jean-François Domergue

En Bref

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23 juin 1957
Défenseur
Voir les stats détaillées de son parcours
Saison Club Nb matchs Nb buts
1975 - 1976 Girondins de Bordeaux 3 0
1976 - 1977 Girondins de Bordeaux 8 0
1977 - 1978 Girondins de Bordeaux 21 3
1978 - 1979 Girondins de Bordeaux 37 7
1979 - 1980 Girondins de Bordeaux 38 6
1980 - 1981 Lille OSC 36 2
1981 - 1982 Lille OSC 38 8
1982 - 1983 Olympique Lyonnais 38 7
1983 - 1984 Toulouse FC 38 3
1984 - 1985 Toulouse FC 38 7
1985 - 1986 Toulouse FC 36 6
1986 - 1987 Olympique de Marseille 38 0
1987 - 1988 Olympique de Marseille 35 5
1988 - 1989 SM Caen 38 1
1989 - 1990 SM Caen 3 0
Stats issues de Footballdatabase.eu
  • 1984 : Vainqueur de l’Euro (France)
  • 1985 : Vainqueur de la Coupe des Confédération (France)
  • 1987 : Finaliste de la Coupe de France (OM)
  • 9 sélections en équipe nationale

Sa vie, son oeuvre

Sa carrière en club

Tout commence à Bordeaux pour Jean-François Domergue, à la toute fin des années 60. Pur produit du centre de formation girondin, il fait ses fait toutes ses classes avec les marine et blanc. Défenseur polyvalent, capable de jouer dans l’axe comme sur les côtés, comme beaucoup de défenseurs à l’époque, il va gravir les échelons un à un jusqu’à l’équipe 1 vers la fin des années 70. A l’époque, Bordeaux est tout sauf un grand club et connaît des résultats qui oscillent entre le moyen et le médiocre, luttant le plus souvent pour ne pas descendre. Après 2 saisons d’apprentissage où il fait quelques apparitions, il va s’imposer définitivement dans l’équipe en 1977. Arrière gauche assez élégant, il se fait remarquer pour ses montée, même si la défense de Bordeaux est assez loin d’être infranchissable. Après 1 première saison comme titulaire délicate (Bordeaux termine 16ème en 1978, pour l’anecdote c’est au printemps 78 que remonte la dernière victoire marseillaise à bordeaux), l’équipe se renforce petit à petit les saisons suivantes et progresse au classement (10ème puis 6ème en 1980), grâce à des joueurs reconnus comme Bernard Lacombe, Omar Sahnoun, Albert Gemmrich. Cette saison là d’ailleurs, le début catastrophique des Girondins (relégable après 13 journées) a sans doute handicapé l’équipe pour espérer mieux. Bez, qui a investi des millions dans l’équipe souhaite plus et Jean-François, honnête latéral gauche ne cadre pas forcément avec ses ambitions. Avec l’arrivée de Marius Trésor, Gernot Rohr glisse à gauche et pousse le jeune Jeff vers la sortie.

Il va rebondir au LOSC, où il retrouve quelques anciens coéquipiers comme Philippe Bergeroo, le gardien. A titre personnel, il va vivre 2 belles saisons, inscrivant notamment 6 buts la première année, ce qui est assez rare pour un arrière latéral. S’affirmant comme un excellent latéral, il pâtit toutefois des résultats assez médiocres des nordistes, pour intégrer le groupe France dont il n’est plus très loin. Après 2 ans dans le Nord il s’engage avec l’Olympique Lyonnais, qui évolue pourtant en D2. Il ne reste qu’une saison chez les rhodaniens, où il se mue en buteur providentiel, atteignant l’étonnant score de 8 buts. Sa bonne frappe de balle et sa belle technique sont des atouts non négligeables surtout en D2.

Conscient de brûler ses meilleures années, il retrouve enfin de l’ambition en rejoignant le Téfécé à l’été 83. Les toulousains sont en pleine ascension vers les sommets, avec une équipe homogène et un paquet de joueurs très prometteurs. Il réalise une nouvelle saison pleine, ce qui lui permet d’être appelé en Equipe de France, à quelques mois de l’Euro 84. Avec la fin de carrière de Marius Trésor, une place s’est libérée en défense. Si à droite, Manuel Amoros est inamovible, le reste des postes se partage entre Maxime Bossis, lui aussi promis à une place de titulaire, que ce soit à gauche ou dans l’axe, Yvon Le Roux, le colosse breton, Patrick Battiston et lui. Retenu pour disputer l’Euro 84, il commence sur le banc, mais son entrée en jeu lors du 1er match lui assure une place de titulaire. C’est finalement Battiston qui fera les frais de ce remaniement défensif. Son heure de gloire viendra en demi-finale, dans un vélodrome survolté contre le Portugal. Il ouvre le score sur coup-franc dès la 25ème minute, un de ses spécialités. En prolongation c’est lui qui égalise et redonne l’espoir à 5minutes de la fin, reprenant un tir d’Yvon Le Roux, dévié par Michel Platini. Le 27 juin 1984, il soulève la Coupe d’Europe et la France remporte son premier trophée majeur. Par la suite, il remportera la Coupe des Confédération en 1985, mais perdra sa place pour la Coupe du monde 1986. Il obtiendra ses 2 dernières sélections en 1987, lors de matchs de qualification pour l’Euro 88 et notamment lors de la défaite fatidique en Norvège, en juin 1987.

Son passage au Téfécé correspondra aux plus belles heures du club et il enchainera les saisons de très haut niveau, parachevée par la 4ème place synonyme de Coupe d’europe obtenue en 1986.

C’est à ce moment que Bernard Tapie décide de l’enrôler à Marseille pour apporter son expérience et sa fougue à une équipe très ambitieuse : une pléiade d’internationaux débarque à l’OM en 1986 : Jean-Pierre Papin, le buteur des bleus, mais aussi Karl-Heinz Forster, le stoppeur allemand vice-champion du monde, Bernard Genghini, etc... L’OM reste cependant derrière Bordeaux, aussi bien en championnat qu’en Coupe avec une finale perdue. Malgré tout, ses buts nombreux buts sont toujours aussi précieux.

Après 2 ans à l’OM qui lui auront permis de retrouver de manière éphémère les bleus, il termine sa carrière à Caen, qui goute à l’élite. Chez les normands, il viendra là encore partager son expérience du haut niveau dans un groupe qui en manque cruellement. Le maintien est à chaque fois arraché à l’ultime journée, grâce à la révélation normande : Fabrice Divert. Après une bonne première saison , il est écarté du groupe et Jeff raccroche 33 ans seulement : « Après avoir été évincé de l'équipe au bout de 3 journées de championnat, j'ai vécu 2 semaines difficiles moralement. Mais j'ai respecté la décision de l'entraineur et, responsable de ma vie future, j'ai anticipé ma reconversion » « Jean-François sera la voix du Président à tout moment et à tous les niveaux et le trait d'union entre tous les secteurs d'activité du club»explique alors le président caennais.

Que devient-il ?

Immédiatement, Jean-François Domergue s’oriente vers une carrière d’entraineur. Adjoint de Daniel Jeandupeux pendant 2 saisons, il part pour le PSG en 1992. Il restera dans la capitale pendant 8 comme adjoint, au recrutement, à la supervision…

C’est au Havre qui deviendra entraineur principal pour la première fois. Arrivé en 2000, alors que le club vient de redescendre en D2, il mettra 2 saisons à le faire remonter, à la faveur du passage à 20 clubs (la 4 premiers montaient). Certes le Havre redescendra aussi sec, la faute à un effectif trop juste. Malgré la descente, il reste au club mais ne parvient pas à faire remonter les havrais dans la foulée. Il est alors débarqué en fin de saison.

Il va rebondir à Montpellier, qui se trouve un peu dans la même situation, il restera 3 ans au club sans jamais réellement parvenir à atteindre les objectifs. Viré en 2007, il essuie la colère de Loulou Nicollin, qui n’y va pas par 4 chemins pour le débarquer « Montpellier est la honte du football français. L'équipe est sans âme, sans courage. Vous, l'entraîneur, n'avez pas de qualité de meneur d'hommes ».. Depuis , il est à la recherche d’un poste…

Photos

Domergue marque contre le Portugal (1984)
Domergue marque contre le Portugal (1984)
Domergue, entraineur de Montpellier
Domergue, entraineur de Montpellier
Jean-François Domergue sous le maillot caennais
Jean-François Domergue sous le maillot caennais
Domergue à Toulouse
Domergue à Toulouse
Jean-François Domergue à l'OM
Jean-François Domergue à l'OM
Jean-François Domergue à l'OM
Jean-François Domergue à l'OM
Domergue marque contre le Portugal (1984)
Domergue, entraineur de Montpellier
Jean-François Domergue sous le maillot caennais
Domergue à Toulouse
Jean-François Domergue à l'OM
Jean-François Domergue à l'OM

Dossiers

Depuis 1980, l'Euro se déroule sur le même modèle que la Coupe du monde, avec une phase de poule et un tournoi finale. Par rapport à la dernière édition, en Italie, le tournoi final comprend des demi-finales entre les 2 premiers de chaque poule.

Cette édition marque le retour de la France dans un championnat d'Europe, absente depuis... 1960, c'est-à-dire la dernière fois qu'elle avait organisé la compétition. Comme 24 ans auparavant, les derniers demi-finalistes de la Coupe du monde sont largement favoris.